Au début du mois de mai, le Sénat états‐unien a validé la nomination de Kevin Warsh, candidat de Donald Trump, à la tête de la banque fédérale (la Fed) en remplacement de Jérôme Powell dont le mandat se termine.
Donald Trump souhaitait depuis longtemps le départ de l'ancien président, dont il accusait la politique monétaire de ralentir l'économie. La Fed fixe en effet les taux directeurs, taux auxquels les banques privées peuvent se financer en dollar, et qui guide donc le prix des crédits dans l'économie. Selon la théorie économique dominante, cet instrument a un double effet : en remontant le taux, on ralentit l'inflation, mais en le baissant, on injecte des liquidités dans l'économie et on favorise la croissance.
Ces effets sont en réalité discutés par de nombreux économistes, et notamment la réalité des risques d'inflation lors d'une baisse de taux. Mais la Fed suit la théorie économique dominante, et son mandat, comme celui de la Banque centrale européenne, est de limiter absolument l'inflation, considérée comme le pire des maux. Jérôme Powell a donc toujours refusé de baisser les taux d'intérêts.
Suite à la nomination de Kevin Warsh, les marchés ont donc anticipé un possible revirement de politique monétaire, et selon la théorie économique dominante, une possible forte inflation, accélérée par la hausse des prix des hydrocarbures. L'avenir laisse en suspens deux questions : Trump a‑t‐il encore le pouvoir d'imposer ses vues au nouveau président ? Et si oui, une baisse des taux d'intérêts directeurs états‐uniens déclencherait‐elle réellement une inflation galopante pour le dollar ?








