Le gouvernement syrien et les forces kurdes ont annoncé ce 30 janvier être parvenus à un accord, actant l’intégration des administrations autonomes kurdes à l’Etat central. Cela pourrait mettre fin à quinze ans d’autonomie.
Depuis début janvier, les territoires syriens contrôlés par les forces armées kurdes (FDS), ont été successivement repris par l’armée d’al-Charaa, soutenue par la Turquie, et une partie des populations locales. Ces dernières, anciennement alliées aux FDS auraient dénoncé des arrestations arbitraires de leur part depuis la chute d’Assad. Ce 18 janvier, un premier accord avait acté la reprise en main par l’État de ces territoires et des champs pétrolifères et gaziers. En outre, le gouvernement devrait reprendre la responsabilité juridique et sécuritaire des prisonniers de l’État islamique, jusqu’ici surveillés par les FDS. Ces derniers ont été en première ligne contre Daech, étaient soutenus pour cette raison par les États-Unis et l’Europe, mais semblent désormais seuls face à al-Charaa qui a su s’attirer les bonnes grâces de la communauté internationale. Si quelques concessions ont été accordées aux Kurdes, en reconnaissant leur langue et en leur garantissant des droits nationaux, il s’agit surtout d’assimiler les organisations kurdes autonomes à l’État central et de balayer le projet révolutionnaire d’une société sans État.
Depuis 2011 s’était concrétisé au Rojava un confédéralisme démocratique, radicalement anticapitaliste. Dès le départ, des femmes y ont imposé une ligne féministe radicale, en construisant notamment des villages en non-mixité, pour accueillir les victimes de violences patriarcales.
Comme l’illustre la vidéo virale d’un soldat syrien brandissant fièrement la tresse coupée d’une combattante kurde, les femmes kurdes, syriennes comme iraniennes, sont aussi en première ligne face à la répression autoritaire et à sa représentation.


