Le 1er mai dernier, le parti d’extrême-droite Reform UK remportait, au cours d’une législative partielle, une circonscription du nord‐ouest de l’Angleterre pourtant historiquement favorable aux travaillistes. Au pouvoir depuis 2024 après 15 ans dans l’opposition, le leader du Labour Party, Keir Starmer, annonçait alors le durcissement des mesures anti‐migrant‐es. Il droitise ainsi une fois de plus le discours de son parti. À la tête de celui‐ci depuis 2020, il a consacré quatre ans à détruire le travail de Jeremy Corbin et de ses alliés de 2015 à 2020, qui avait doté le parti de son programme le plus à gauche depuis les années 1970. Mais alors qu’après une victoire électorale de l’extrême-droite, il affirme « J’ai compris », Keir Starmer ne se montrait pas si attentif aux urnes lorsqu’en 2024, le même Jeremy Corbin, désormais candidat indépendant, remportait une circonscription face à celui investi par le Labour.
Alors que l’extrême-droite prend depuis bientôt 10 ans de plus en plus de place dans le paysage politique britannique, partout en Europe, la même question se pose à la gauche . Elle peut incorporer des éléments anti‐migrant‐es et anti‐LGBTI comme semble vouloir le faire Keir Starmer, qui a poursuivi la politique des conservateurs d’attaque de l’accès à la santé des personnes trans. Ou elle peut choisir une autre voie, celle qui pense au contraire que les luttes sociales et d’émancipation se renforcent les unes les autres : c’est celle choisie par plusieurs anciens membres du Labour, qui ont annoncé cet été la création de Your Party, pour faire exister la gauche qu'a trahi le Labour.