L’ONU vient d’avertir d’un risque de génocide très élevé contre les Zaghawa, Masalit et Fur au Soudan. Dans un contexte de changement climatique et de sécheresse, et de lutte pour les terres, se déroule depuis deux ans une guerre civile entre l’armée régulière et les Forces de Soutien Rapide (FSR), une milice anti‐rebelles d’avant la révolution de 2018 – 2019, qui a tenté un coup d'État en 2023. Les ONG dénoncent des ciblages ou nettoyages ethniques, les FSR visant spécifiquement les populations non arabes, à travers des opérations terrestres qui incluent des viols massifs, massacres, et enlèvements.
Les premières victimes de l’intensification du conflit sont des civil‐es qui n’ont pas accès à l’aide humanitaire. Dans la ville d'El Fasher, dans le sud‐ouest du pays, des centaines de milliers de civil‐es sont bloqué‐es depuis le siège mené par les FSR il y a plus d'un an. L'attaque du camp Zamzam, en avril, a lui provoqué la fuite de 400 000 personnes en trois semaines dans des conditions terribles. La population est privée d'accès à l'eau et à la nourriture, et les hôpitaux ont été décimés.. Les coupes de l’aide étrangère américaine aggravent la situation. Des ONG s’inquiètent d’un risque d’attaque de grande ampleur à El Fasher.
On observe malgré tout une faible attention, en Europe, à ce qui se déroule au Soudan. La France ferme les yeux sur l’implication des Émirats arabes unis qui vendent des armes aux FSR, car elle a des intérêts géopolitiques au carrefour entre la Corne de l’Afrique, le Sahel et le Moyen‐Orient.
Il faut pourtant un cessez‐le‐feu, que la France se positionne contre l’acheminement d’armes dans l'entièreté du Soudan, et pour une augmentation de l’aide humanitaire.