Le 13 janvier 2026, s’est ouvert le procès en appel de Marine le Pen et de onze autres prévenu-es dans l’affaire des assistant-es parlementaires européens. La cheffe du Rassemblement Nationale joue son avenir politique, après avoir été condamnée à deux ans de prison ferme et cinq ans d’inéligibilité immédiate pour détournement de fonds publics.
Une exécution provisoire justifiée par le parquet afin d’éviter qu’une candidate à la présidentielle de 2027 puisse être élue tout en étant condamnée, gouvernant sous bracelet électronique et susceptible d’interférer dans l’affaire, à l’image de Donald Trump aux États-Unis. Marine Le Pen avait d’emblée fustigé « une décision politique » et une « dictature des juges », suivie d’une cacophonie médiatique et d’une vague de harcèlement contre la magistrate ayant prononcé son inéligibilité, désormais placée sous protection policière. Cela aura surtout détourné l’attention du motif de l’affaire : l’implication de l’ancienne présidente du parti et vingt-quatre de ses membres dans un système de détournements de fonds publics européens, visant à rémunérer des cadres et des collaborateur.ices du FN/RN. Le tribunal a retenu un préjudice de 4,4 millions d’euros.
Même sans être relaxée en appel, Marine le Pen pourrait toujours mener la course aux présidentielles en 2027 si la cour d’appel réduit sa peine d’inéligibilité à moins de deux ans, et renonce au port d’un bracelet électronique, incompatible pour mener une campagne. Elle a pour le moment rejoué une stratégie pourtant démentie en première instance : celle d’un quiproquo administratif. Le RN semble vouloir éviter les remous médiatiques qui pourraient porter préjudice aux candidat-es aux municipales de 2026.
Pour le moment, la candidate historique du RN ne semble pas prête à passer le flambeau à Jordan Bardella qui a encore martelé ce 12 janvier lors de ses vœux à la presse qu’il n’était pas candidat aux présidentielles, réaffirmant la primauté de Marine le Pen. De fait, la décision de la cour d’appel attendue pour juin sera scrutée de près alors que Marine le Pen était un verrou historique à l’union des droites : une alliance, notamment portée par Marion Maréchal le Pen ou Eric Ciotti, est moins exclue par Jordan Bardella. Enfin, Marine le Pen pourrait bénéficier d’un soutien international. Le journal allemand Der Spiegel, a pointé des risques d’ingérence américaine alors que la condamnation en première instance avait déjà vivement fait réagir l’internationale réactionnaire, qu’aucune décision judiciaire ne suffira à faire infléchir.




