Le conclave pour les retraites est arrivé à sa fin, et l’heure de vérité a sonné pour le gouvernement Bayrou, le PS… et le Rassemblement National. Décembre dernier : le gouvernement Barnier chute, après que le RN ait voté la motion de censure déposée par le gauche contre le passage en force du budget. Le gouvernement Bayrou est nommé quelques jours plus tard, et une motion de censure est à nouveau immédiatement déposée. Les députés socialistes rompaient l'alliance à gauche et s'abstenaient, laissant seuls la France insoumise et les Écologistes s'opposer au gouvernement, alors que le RN ne prévoyait pas non plus de voter la censure.
Le Parti socialiste disait alors vouloir laisser sa chance au « conclave » sur les retraites, réunion de plusieurs mois entre syndicats et patronats proposée par François Bayrou. Dès la mi‐mars, le nouveau Premier ministre intervenait pourtant pour dire que l'âge de départ n'est de toute façon pas négociable. Qu'importe : pour le PS, en ne votant pas la censure, il s'agissait d'abord de marquer sa différence avec la FI. Le « conclave » permettait de gagner du temps, d'apaiser en interne, et de reporter à leur congrès la question de l'alliance à gauche, sur laquelle Olivier Faure est attaqué depuis plusieurs mois par l'aile la plus à droite du parti. Et si le premier secrétaire a depuis été réélu par les socialistes, le Congrès qui s'est tenu mi‐juin montre que l'unité de son parti est toujours aussi fragile. De nombreuses voix continuent de demander que soit dès maintenant interdite la participation à une alliance avec la FI en cas de nouvelle dissolution.
Mais le « conclave » a définitivement échoué à produire un accord acceptable par les syndicats, après le départ de plusieurs d'entre eux en mars, et d'ultimes réunions cette semaine. Pour faire bonne figure, une motion de censure a été déposée par le PS. Si toute la gauche la vote aussi ce mercredi à l'Assemblée, elle n'a cependant que peu de chances d'être adoptée, alors que le RN affirme ne pas vouloir faire chuter le gouvernement avant le prochain vote du budget en novembre.
Le gouvernement Bayrou reste donc plus fragile que jamais, et ne tient plus qu'à l’abstention du RN lors des votes de censure. Comme le PS durant les mois passés, ce dernier cherche à gagner toujours plus de temps. Fragilisé par l'inéligibilité de Marine Le Pen, et par sa concurrence en interne avec Jordan Bardella créée par la situation, le parti d'extrême droite a tout intérêt à éviter une instabilité institutionnelle. Si les gouvernements venaient à être censurés les uns après les autres, celle‐ci pourrait en effet aboutir à une présidentielle anticipée, avant qu'un éventuel jugement en appel favorable à la leader fasciste ne soit prononcé.Le conclave pour les retraites est arrivé à sa fin, et l’heure de vérité a sonné pour le gouvernement Bayrou, le PS… et le Rassemblement National
