Le terme « écofascisme » désigne généralement la synthèse entre les préoccupations environnementales et les politiques d'extrême droite. L'écofascisme s'appuie sur plusieurs idées : la surpopulation et l'immigration menaceraient l'équilibre écologique, et la conservation de la nature justifierait un séparatisme racial ou des ordres sociaux inégalitaires. Pour certain‐es, l'écofascisme pourrait prendre la forme d'un totalitarisme gérant la pénurie des ressources aux profits d'une minorité de personnes.
Les racines de l'écofascisme empruntent au mouvement völkisch au sein de la révolution conservatrice allemande du XIXe siècle, qui liait l'identité raciale germanique à une nature originelle et « pure ». Pour Hitler, cet imaginaire a servi à répandre le national socialisme en Allemagne et le slogan nazi « Sang et Sol » (Blut und Boden) reprend l'idée d'un lien mystique entre le peuple et sa terre. L'écofascisme emprunte aussi au darwinisme social et au néo‐malthusianisme : la gestion de la population dans un monde de ressources finies implique d'instaurer des hiérarchies et de les biologiser. Pour certain‐es eugénistes, la préservation de l'environnement implique une préservation de la race blanche.
En France, le Rassemblement national cherche à incorporer les enjeux environnementaux à ses revendications, en portant les frontières comme remparts écologiques et en liant l'immigration à la capacité de l'environnement sur le territoire national à la prendre en charge. L'écofascisme est un concept débattu à gauche aussi. Pour certain‐es auteur‐rices, le terme en lui‐même tombe dans le piège de l'extrême droite en la laissant s'approprier des thèmes émancipatoires. Le terme est également récupéré par des conservateur‐rices pour critiquer le militantisme écologiste, comme l'idée de « dictature verte ».
