Drag Race France signe son grand retour avec une quatrième saison sur France Télévisions. Au vu de son succès, sa diffusion a suscité de nombreuses critiques au sujet de la dépolitisation de l’émission et de son aperçu très restreint de la diversité du monde du drag dans son ensemble. De fait, cette saison accueille Malawitte, la toute première candidate à se revendiquer lesbienne. Elle confie d’ailleurs, dans le premier épisode, les difficultés rencontrées dans cette discipline.
L’histoire du drag, dans sa forme contemporaine, remonte à la fin du 19e siècle aux Etats‐Unis, pays où RuPaul crée la toute première saison de la compétition. William Dorsey Swann, né‑e esclave, est la première personne connue à s’identifier comme « queen of drag » (reine du drag). En France, les origines du drag s’enracinent dans l’histoire du travestissement au théâtre, puis dans l’art de la transformation aux cabarets bien avant de se structurer en tant que culture LGBTQIA+ distincte au cours des années 1960 et 1970.
L’autrice Apoline Bazin ajoute dans son livre Drag Fever que « Drag Race est à la fois un espace de liberté et de conditionnement ». Bien que cette exposition apporte une certaine visibilité à la communauté LGTBQIA+, elle est diffusée sur une chaîne d’État incarnant un divertissement qui tend à nationaliser ces codes. Cheddar Gorgeous, ex‐candidate de RuPaul’s Drag Race UK, soutient l’idée que le drag est né d’un geste politique dont il ne peut se soustraire. Et l’absence de représentations des communautés marginalisées provoque une forte attente de son audience. En revanche d’autres ex‐candidat‐es apportent une reconnaissance au programme pour l'exposition qu'il leur procure, un atout majeur dans un pays comme la France, encore récemment marqué par l’héritage de la Manif pour tous.
