Armement israélien en plein génocide : la France maintient ses relations

, Numéro 24

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Du 15 au 19 juin s'est tenu en Seine‐Saint‐Denis le salon mondial de l'armement Eurosatory. Organisé tous les deux ans par le Groupement des industries françaises de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres (GICAT), principal lobby du complexe militaro‐industriel français, il a réuni près de 2 000 exposants de 70 pays venus présenter leurs dernières innovations technologiques conçues pour faire la guerre, surveiller les populations et contrôler les frontières. Un véritable marché de la mort en somme. Parmi les produits exposés, certains sont particulièrement appréciés pour avoir été directement testés sur le terrain : ceux des entreprises israéliennes.

Avec la France, Israël figure parmi les principaux exportateurs mondiaux d'armement. En 2025, pour la cinquième année consécutive, ses exportations ont atteint un niveau record. Selon un communiqué de son ministère de la Défense, 36 % sont destinées à des pays européens, principalement pour des systèmes de missiles, de roquettes et de défense antiaérienne.

Il y a deux ans, en plein génocide à Gaza, la mobilisation des militant‐es avait contraint l'organisation à exclure les entreprises d'armement israéliennes du salon. Cette année toutefois, elles seront une trentaine à exposer des armes dites « défensives », selon la rhétorique du gouvernement français. En réaction, le mouvement BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) appelle la France à rompre ses relations commerciales avec Israël. Celles‐ci se poursuivent, en dépit du droit international selon lequel chaque État doit tout mettre en œuvre pour prévenir de potentiels génocides.

Paris affirme n'exporter que des composants destinés à des « systèmes défensifs » ou à la réexportation vers des pays tiers, mais plusieurs enquêtes contestent cette version. En juin 2025, un rapport de plusieurs ONG, relayé par L'Humanité et s'appuyant sur les données de l'administration fiscale israélienne, indiquait que la France leur avait livré plus de 15 millions de munitions de guerre depuis octobre 2023. Le soutien français au complexe militaro‐industriel israélien se perpétue aussi de manière moins directe. Les campagnes de boycott ciblent également les partenariats entre la France et les universités israéliennes, véritables piliers de l'innovation militaire. Par exemple, l'institut de technologie d'Israël, la Technion, entretient des liens étroits avec certaines universités françaises via l'association Technion France. Cette dernière a également participé au développement d'un bulldozer utilisé pour détruire des maisons palestiniennes.

Mais le boycott le plus efficace viendra peut‐être du gouvernement israélien lui‐même. Après la reconnaissance de la Palestine par le président français, le gouvernement israélien a annoncé début avril vouloir ramener à zéro ses achats de défense à la France.

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