Netflix présente cet automne les épisodes de la saison Love is Blind France. Un addictif jeu d’équilibre entre l’amour et les dramas, « pour le meilleur et à l’aveugle ». Love is Blind repose sur une mécanique bien rodée de la téléréalité : chercher l’amour sans se voir, qui serait gage d’un amour forcément authentique et sincère, puisque dénué de considérations physiques.
Là où Love is Blind France se positionne un peu différemment de la plupart des téléréalités de dating, c’est sur le profil de ses candidat-es : plus âgé-es (dans la trentaine) et de classes sociales plus aisées que la norme en la matière. On retrouve en effet des kinésithérapeutes, entrepreneur-ses dans le web ou la finance, chef-fes d’entreprises… Loin de jouer sur le registre du vulgaire et tape à l’œil comme Too Hot to Handle, autre émission de dating phare de la plateforme, Love is Blind insiste sur les goûts « raffinés » des candidat-es qui ne manquent pas d’évoquer leurs habitudes dans les restaurants de luxe et les salons de beautés, ni le fait qu’iels recherchent chez leurs partenaires des qualités comme l’engagement, la fidélité, mais aussi l’ambition, ou les bonnes manières.
On peut alors se demander si on assiste à une sorte de « gentrification de la téléréalité ». Apparaît un genre entre les télé-réalités traditionnelles et celles mettant en scène la vie des ultras-riches faisant la promotion de valeurs et d’un imaginaire libéral, de l’élévation sociale et de l’accomplissement de soi par le mariage hétérosexuel. Ce faisant, Netflix répond à la demande d’un public lui aussi plutôt aisé et fort en capital culturel qui prend un plaisir coupable à consommer de la téléréalité : un pari gagnant, à en croire le succès immédiat des audiences.