Catégorie : pop !

  • Le retour de l’extrême maigreur à Hollywood

    Vous n’y avez sans doute pas échappé : la vague promotionnelle pour Wicked : for good, deuxième et dernier volet des aventures de Glinda et Elphaba, a inondé les médias ces dernières semaines. Largement diffusés sur les réseaux sociaux, les extraits des interviews des actrices et chanteuses Cynthia Erivo et Ariana Grande ont été fortement commentés. Le duo se noie dans les émotions à chaque interview, apparaît extrêmement proche, et on ne compte plus les clips les montrant émues aux larmes. Mais ce qui est aussi largement commenté, c’est leur apparence physique. Car depuis le début de la promo du premier Wicked, Ariana Grande et Cynthia Erivo apparaissent très amaigries.

    En réponse à ces commentaires, Ariana Grande a déclaré n’avoir jamais été aussi en forme physiquement et mentalement. Une partie des commentateur-rices invitent de même à arrêter les commentaires sur son corps, qui s’inscriraient dans des pratiques de bodyshaming. Mais ce faisant, Ariana Grande évacue le fait que le corps qu’elle présente puisse être lu comme anormal.  Et, de par son statut de star, elle contribue à déplacer le curseur du « normal » de plus en plus vers la maigreur. 

    Or la préférence pour la maigreur et la crainte de la grosseur ne sont ni neutres, ni anodines (voir actu page 2). La valorisation de la maigreur est une des façons dont le corps est utilisé pour fabriquer et légitimer les hiérarchies de race, de sexe et de classe. La préférence pour la maigreur est donc un outil des élites pour se distinguer des classes populaires, mais va aussi dans le sens de renforcer la blanchité comme classe dominante. D’ailleurs, cela s’observe dans la réception de la promo de Wicked  : si les apparitions d’Ariana Grande sont moquées pour ses émotions débordantes, celles de Cynthia Erivo font l’objet de commentaires racistes d’une très grande violence.

  • Le Spotify Wrapped, marqueur culturel et politique

    Le Spotify Wrapped, marqueur culturel et politique

    Les fêtes de fin d’années approchent, et avec elles, une nouvelle tradition s’est installée dans le paysage culturel mondial : le Spotify Wrapped. Si depuis quelques années Spotify s’est imposée comme la première plateforme de musique en streaming, c’est avec sa rétrospective annuelle, devenue sa marque de fabrique, qu’elle a figé son monopole. Une manière pour Spotify de consolider la fidélité de ses abonné-es, mais aussi d’exposer publiquement son omniprésence. 

    En effet, la force de cette rétrospective réside à la fois dans sa capacité à répondre au besoin d’individualité des consommateur-ices, à qui on attribue des étiquettes et appartenances, et dans son format pensé pour être facilement diffusé sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram. Les utilisateur-ices y affichent fièrement leur goûts musicaux, mais aussi indirectement, leur soutien envers Spotify, tant personnel que financier.

    Un soutien qui peut entrer en tension avec les valeurs de chacun-es, puisque le PDG de Spotify, Daniel Ek, finance publiquement l’extrême droite. Il a, par ailleurs, récemment investi 600 millions d’euros dans la startup allemande Helsing, spécialisée dans le matériel militaire, notamment utilisé en Ukraine. De plus, le département américain de la Sécurité intérieure diffuse sur la plateforme des publicités de recrutement pour 10 000 nouveaux-elles « agent-es de déportation » dans le cadre du programme ICE, l’agence chargée de l’arrestation et de l’expulsion des personnes sans papiers aux États-Unis.

    Le boycott semble difficile tant le phénomène culturel de Spotify est grand. Mais à l’ère d’un militantisme omniprésent sur les réseaux sociaux, le Spotify Wrapped pourrait-il devenir l’occasion d’un mouvement de contestation ?

  • GTA 6 : les voyous sont les patrons !

    Le studio Rockstar Games a annoncé le deuxième report de la sortie de son jeu Grand Theft Auto VI, à novembre 2026, alors qu’il avait déjà été repoussé une première fois à mai 2026.

    L’industrie du jeu vidéo a évolué ces dernières années vers des superproductions aux budgets de plus en plus importants, pour des jeux aux graphismes de plus en plus photoréalistes, aux mondes à explorer de plus en plus vastes, et qui tournent sur des consoles et des ordinateurs toujours plus puissants. Selon la presse spécialisée, le budget de GTA VI pourrait atteindre le milliard de dollars, ce qui en ferait le jeu le plus cher de l’histoire. À ce prix là, mieux vaut ne pas rater son lancement. Or ces dernières années, plusieurs studios ont fait scandale en sortant des jeux, qui selon les joueur-ses, étaient inachevés : bugs récurrents, parties bâclées, or quand on paie 70€ voire 80€, on s’attend à de la qualité.

    Sauf que les déconvenues des consommateur-ices cachent une réalité plus sombre : la pression mise sur les travailleur-ses pour finir le travail, tenir les deadlines, dans bien des studios au mépris complet du droit du travail. Un mois avant l’annonce du report de GTA VI, Rockstar Games licenciait d’ailleurs une trentaine de salariés pour faute grave. L’Independent Workers’ Union of Great Britain (syndicat indépendant des travailleurs de Grande-Bretagne) dénonce lui une répression syndicale : dans un contexte de fin imposée du télétravail, le studio a voulu freiner une mobilisation naissante en ciblant ses organisateur-ices.

    Les conditions de travail imposées dans les grands studios reposent sur une situation qu’on retrouve dans beaucoup d’industries culturelles, comme aussi le cinéma : d’un côté, des métiers qui font rêver, mais où quelques acteurs concentrent les budgets, dans un monde très fermé, et de l’autre, un secteur indépendant, voire d’autoproduction, qui malgré quelques succès, n’a souvent à offrir que la précarité.

  • Une bataille après l’autre : la révolution sauce Hollywood  

    Une bataille après l’autre : la révolution sauce Hollywood  

    « Film antisfasciste pour des temps fascistes », « grande fresque politique », « souffle de vie inespéré pour l’Amérique », mais aussi « grand spectacle », « leçon de cinéma », ou tout simplement « le meilleur film de l’année »… à en croire ses critiques dithyrambiques, Paul Thomas Anderson aurait quasiment remporté la bataille culturelle. Avec Une bataille après l’autre, il réconcilierait œuvre de divertissement grand public et regard acerbe sur les polarisations américaines contemporaines.

    C’est vrai que l’histoire qu’il raconte a des accents de révolution. Bob Ferguson (Leonardo Di Caprio), ex-membre d’un groupe d’action direct, élève seul sa fille Willa (Chase Infiniti), dont la mère a disparu dans la nature. Complètement désabusé, Bob renoue maladroitement avec ce passé alors que sa fille et lui sont pris en chasse par le Colonel Lockjaw (Sean Penn), un militaire qui cherche à prouver sa valeur à un club très privé de suprémacistes blancs. 

    Mais derrière les apparences, le spectacle imaginé par Anderson laisse un goût un peu amer. Dans son Amérique hors du temps, il semble renvoyer dos à dos les méchants et les gentils, extrême chacun à leur manière. D’un côté, des méchants cartoonesques qui, malgré leurs positions de pouvoir, complotent dans des sous-sols pour la suprématie blanche. Pour leur faire face, pas grand-chose d’autre qu’une bande de bras cassés accros à l’adrénaline, dont les plus extrêmes trahissent leurs camarades pour sauver leur peau. Le tout se déroule dans une ambiance crasse de misogynie, car la révolution est visiblement une affaire de mecs. Les femmes, pourtant nombreuses à l’écran, sont réduites à être des incompétentes ou des objets de désir. Si c’est à ça que la révolution ressemble, alors l’ordre établi a de beaux jours devant lui.  

  • Grand Prix Explorer : sur l’autoroute du sexisme ?

    Du 3 au 5 octobre s’est tenu le Grand Prix Explorer, course de formule 4 organisée par le créateur de contenu Squeezie sur le circuit Bugatti des 24H du Mans. Loin d’être anecdotique, l’évènement a rassemblé jusqu’a 1.5M de spectateur-rices en simultané sur la plateforme de streaming Twitch et jusqu’à 1,6M de téléspectateur-rices sur France 2, chaîne sur laquelle l’évènement était pour la première fois diffusé.

    L’ampleur et la portée de l’évènement témoignent du poids des créateur-rices de contenus et des streamer-euses dans l’industrie du divertissement, dont iels sont désormais des acteur-rices centraux-les.

    Sur le circuit, 12 équipes de personnalités d’Internet sponsorisées par un ensemble de grandes marques. Trois jours de course automobile donc, mais aussi de concerts et de spectacles en grande pompe, avec un vol remarqué de la Patrouille de France au-dessus du circuit. 

    En dépit de la popularité de l’évènement, on ne peut s’empêcher de remarquer la faible présence de femmes et l’ambiance de boy’s club qui plane sur le GP. Parmi les concerts programmés, une seule artiste femme tenait l’affiche, la chanteuse Théodora. Sur douze équipes concurrentes, seuls trois véhicules étaient pilotés par des équipes féminines (dont deux sponsorisées par des marques de cosmétiques). Et si cette année, l’une d’entre elles s’est classée deuxième du GP, dès que les femmes font un pas de travers la sanction est sévère. Ainsi, Manon Lanza, créatrice de contenu concurrente et victime d’un accident lors d’un accrochage sur le GP 2023 a fait l’objet d’un cyberharcèlement massif et d’un relatif traitement de silence par les organisateurs.

    Puisque la population qui joue aux jeux vidéos est paritaire, on aurait pû s’attendre à ce qu’un événement diffusé via une plateforme qui émerge de l’univers du gaming fasse un peu bouger les lignes. Cependant, les créateurs mais aussi les utilisateurs de Twitch sont majoritairement des hommes. Si les modes de diffusion changent et se déplacent,  force est de constater que ce sont encore les hommes qui tiennent les volants et prennent la lumière..

  • Les conseils de tata Ranelle

    Si tu es une femme maghrébine, tu n’as pas pu échapper aux contenus de Ranelle Brown, de son vrai nom Ranelle Hanane Sealiti, sur les réseaux sociaux. Avec ses « conseils de tata », la créatrice de contenu de 37 ans répond avec franchise aux appels de dizaines de femmes à chaque live. Pour beaucoup, elles cherchent des conseils matrimoniaux : pour partager l’argent dans le couple, pour gérer leur belle-mère, ou pour accueillir la famille sans commettre d’impair à la tradition. 

    Les activités de l’entrepreneuse férue de mode ne se limitent pas aux réseaux sociaux. Ranelle propose des prestations événementielles, des séances individuelles de coaching et vient de lancer sa marque de turbans. Mais son vrai métier, c’est neggafa : habilleuse traditionnelle et gardienne de cérémonie dans les mariages marocains. 

    D’origine sénégalaise et marocaine, Ranelle a grandi en France mais parle une darija impeccable, « un flex ultime » ! Et c’est aussi cette transmission, brisée par le racisme dans beaucoup de familles maghrébines, que ses contenus viennent réparer. Véritable nationaliste, l’influenceuse affiche fièrement les armoiries du Maroc sur ses vêtements et bijoux. En soutien aux manifestant-es qui réclament leur droit à la santé et à l’éducation qui sont actuellement réprimé-es au Maroc, elle relaie les vidéos de son ami le rappeur ElGrandeToto, mais insiste aussi sur l’intégrité du pays autour de sa devise : Dieu, la Patrie, le Roi. 

    Femme indépendante, forte, capable, musulmane, noire, maghrébine, entrepreneuse, Ranelle est assez polyvalente pour être la confidente de beaucoup d’entre nous. Or l’entre-deux n’est pas l’ami du progressisme, et ses conseils restent traditionnels, dans l’hétérosexualité ou dans l’islam. Malgré tout, dans beaucoup de ses lives et extraits vidéo, les témoignages sont ceux de violences conjugales. Et sur ça, Ranelle ne transige pas : elle écoute, oriente, conseille et accompagne en véritable féministe. Parfois, pour sortir de la violence, on a besoin que ce soit cette tata qui nous le dise.

  • « Love is Blind » : une téléréalité gentrifiée ? 

    Netflix présente cet automne les épisodes de la saison Love is Blind France. Un addictif jeu d’équilibre entre l’amour et les dramas, « pour le meilleur et à l’aveugle ». Love is Blind repose sur une mécanique bien rodée de la téléréalité : chercher l’amour sans se voir, qui serait gage d’un amour forcément authentique et sincère, puisque dénué de considérations physiques.

    Là où Love is Blind France se positionne un peu différemment de la plupart des téléréalités de dating, c’est sur le profil de ses candidat-es : plus âgé-es (dans la trentaine) et de classes sociales plus aisées que la norme en la matière. On retrouve en effet des kinésithérapeutes, entrepreneur-ses dans le web ou la finance, chef-fes d’entreprises… Loin de jouer sur le registre du vulgaire et tape à l’œil comme Too Hot to Handle, autre émission de dating phare de la plateforme, Love is Blind insiste sur les goûts « raffinés » des candidat-es qui ne manquent pas d’évoquer leurs habitudes dans les restaurants de luxe et les salons de beautés, ni le fait qu’iels recherchent chez leurs partenaires des qualités comme l’engagement, la fidélité, mais aussi l’ambition, ou les bonnes manières.

    On peut alors se demander si on assiste à une sorte de « gentrification de la téléréalité ». Apparaît un genre entre les télé-réalités traditionnelles et celles mettant en scène la vie des ultras-riches faisant la promotion de valeurs et d’un imaginaire libéral, de l’élévation sociale et de l’accomplissement de soi par le mariage hétérosexuel. Ce faisant, Netflix répond à la demande d’un public lui aussi plutôt aisé et fort en capital culturel qui prend un plaisir coupable à consommer de la téléréalité : un pari gagnant, à en croire le succès immédiat des audiences.

  • « Valeur Sentimentale » : un drame familial qui peine à nous convaincre jusqu’au bout

    Le grand prix du festival de Cannes 2025 dresse le portrait de deux sœurs dans la trentaine qui retrouvent après des années d’absence leur père, réalisateur sur le déclin en quête d’un dernier chef-d’œuvre, lors de l’enterrement de leur mère. Est dépeint l’impossible dialogue entre Nora, la fille aînée et également comédienne, jouée par Renate Reinsve, et son père, qui lui propose un rôle dans ce qui est appelé à être sans doute son dernier long-métrage, tourné dans leur maison familiale. Le film de Joachim Trier interroge subtilement ce qui nous lie à notre famille et les ambiguïtés de ces liens. Parfois, ceux-lles dont nous sommes les plus proches sont aussi ceux-lles qui nous semblent les plus lointains ; parfois, cette proximité est à peine vivable. Que faire alors des ressemblances envahissantes avec ceux-lles qui nous ont blessé-es, et que garder de ces héritages ? 

    À cela, le film avance l’hypothèse d’un langage commun et d’une réparation un peu trop facile qui ne nous convainc pas. Est-ce que le temps du tournage d’un film peut vraiment réparer trente ans de paternité faillie ? Ce qui a séparé cette famille peut-il désormais la relier ?

    Dans une interview donnée au magazine Trois Couleurs, Joachim Trier déclare vouloir poser la question du pardon et de l’apaisement qu’il amène. Or, ici, la fin donnée échoue à nous le faire croire et surtout, on peine à voir autre chose que la répétition d’une mécanique familiale dont on nous a pourtant montré si finement la profonde dysfonction. Le salut se trouve-t-il donc toujours dans la famille nucléaire ?  

    Quel dommage que l’issue choisie par Valeur sentimentale ne soit pas celle de l’émancipation et que la solidarité entre les deux sœurs, montrée pourtant si forte tout au long du film, ne soit pas célébrée pleinement jusqu’au bout.

  • Sabrina Carpenter : symbole d’empowerment ou d’aliénation ?

    En talons et robe moulante, aux pieds d’un homme debout, au visage hors champ et qui lui tient les cheveux : la pochette du nouvel album de Sabrina Carpenter, Man’s Best Friend, dont la sortie est prévue le 29 août, a déclenché une controverse sur les réseaux sociaux. Si la chanteuse n’a pas revendiqué de positionnement politique autour de son album, certains internautes l’accusent de « faire reculer le féminisme jusqu’aux années 50 », tandis que d’autres y voient un geste de libération sexuelle.

    On peut trouver quelque chose de libérateur à s’hypersexualiser soi-même, à incarner l’image que la société projette sur nous pour mieux se la réapproprier. La libération sexuelle, en tant qu’aspiration individuelle, a permis à certaines femmes de revendiquer un refus du contrôle des hommes sur leurs corps. Mais en tant que mouvement, il a perdu sa force collective dans un monde où le capitalisme marchande tout.

    Sabrina Carpenter, peu importe ses intentions, est un produit de l’industrie et de son label, propriété d’Universal. L’annonce de son album arrive pile au moment où les positions sexuelles qu’elle performe à ses concerts buzzent sur internet. Si ça rapporte, on continue, mais en plus gros. On pouvait encore se demander si son image, celle d’une artiste qui a l’habitude de critiquer les hommes, de les tuer symboliquement dans « Feather » ou de s’en moquer dans le single de l’album « Manchild », relevait d’une stratégie marketing malgré tout plaisante pour le male gaze ; mais avec Man’s Best Friend, plus de doute.

    On pourrait croire à de la satire, au vu du titre, mais ce que la pochette montre nous laisse amères : la soumission aux hommes, dans un moment où les droits des femmes sont plus que jamais menacés. Sabrina Carpenter ne peut pas renverser le système qui exploite et tire profit de son image, mais seulement le nourrir.

  • « La Ruée vers l’or » fête son centenaire

    La Ruée vers l’or de Charlie Chaplin fêtait ce 26 juin 2025 son centenaire. À cette occasion, le film est ressorti en salles en 4K dans le cadre d’un événement mondial marqué par plusieurs centaines de projections simultanées à travers le monde et continue d’être projeté dans de nombreuses salles à travers la France, en ville comme à la campagne.

    Avec ce film comique burlesque, muet dans cette version 1925 mais à la puissance toujours intacte, Chaplin nous plonge dans la « ruée vers l’or », cette quête illusoire menée par des milliers d’hommes pauvres rêvant de fortune et affrontant les éléments et la solitude. 

    En 1898, la découverte de gisements d’or en Alaska provoque un véritable engouement. Des centaines d’hommes, animés par l’espoir de faire fortune, se lancent à l’assaut des montagnes glacées du Klondike, affrontant le froid et la faim. Parmi eux se trouve Charlot, un vagabond solitaire vêtu d’un modeste costume noir, coiffé d’un chapeau et muni d’une canne. Porté par le rêve de richesse, il s’engage seul dans cette aventure. Naïf et drôle, il incarne dans le film une humanité malmenée mais digne.

    Toujours aussi accessible, La Ruée vers l’or ravit, toutes générations confondues. Lors de sa reprise en salles en France en 1957, le film totalise 680 252 entrées, portant le cumul à 4 814 445 entrées depuis 1945. Cette ressortie 4K est donc l’occasion rêvée de redécouvrir un monument de l’histoire du cinéma, aux scènes cultes et aux effets spéciaux révolutionnaires pour l’époque… et de juger de  la lucidité de Chaplin, dont la critique d’une société dominée par l’autorité, l’exploitation et l’argent résonne encore avec une étonnante justesse cent ans plus tard.