Catégorie : pop !

  • Eurovision : en finir avec l’apolitisme du concours

    Le 22 avril dernier, une tribune publiée par le collectif No Music for Genocide (« Pas de musique pour un génocide »), appelant au boycott de l’Eurovision en raison de la participation d’Israël au concours, a recueilli les signatures de plus d’un millier d’artistes, chanteur‐ses, musicien‐nes et labels. Du groupe de rock Paramore au rappeur Macklemore, en passant par les irlandais Kneecap, les signataires dénoncent l’hypocrisie de la compétition musicale et son appel à la neutralité face à la situation à Gaza, alors que la la Russie avait été exclue dès le début de l’invasion de l’Ukraine. L’appel renforce les prises de position de plusieurs pays vis‐à‐vis de l'organisation de cette édition du concours. En décembre 2025, l’Espagne, les Pays‐Bas, la Slovénie, l’Irlande et la Slovénie avaient annoncé leur retrait du concours, en réaction à la décision de l’Union européenne de radio‐télévision (UER) d’autoriser, une nouvelle fois, la participation de l’État hébreu au plus grand télé‐crochet du monde. Une prise de position inédite pour l’Espagne, absente pour la première fois depuis 1961, mais aussi pour l’Irlande, pays le plus titré de l’histoire du concours, aux côtés de la Suède.

    Ce retrait simultané est motivé par des considérations politiques et éthiques. Les diffuseurs concernés pointent la conduite de la guerre menée par Israël à Gaza, en représailles à l’attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le Hamas, et jugée contraire au droit international. La Slovénie a, de son côté, choisi de diffuser des films palestiniens à la place de la compétition musicale. 

    Si l’émission, qui se tient cette année à Vienne, en Autriche, traverse l’une des plus graves crises de son histoire, les billets pour assister à la grande finale se sont vendus en un temps record : 14 minutes, selon les organisateur‐ices. Et ce malgré les appels au boycott. 

  • Euphoria, la saison de trop ?

    Euphoria, la saison de trop ?

    La saison 3 de la série étasunienne Euphoria a commencé sa diffusion le 13 avril, 4 ans après la précédente. Les 2 épisodes sortis jusqu'à présent témoignent déjà d'un tournant plutôt mal accueilli par les fans. Jusqu'à la fin de la saison 2, nous suivions Rue (Zendaya) à travers ses addictions, qui nous racontait la vie d’un groupe de lycéen‐nes, naviguant à travers les expériences de la fin de l'adolescence.

    Saluée jusqu’à présent par la critique, un radical changement du visuel propre à la série s’est fait sentir. Du lycée et des chambres d'ados, on passe aux grands espaces du sud étatsunien, avec une esthétique de western moderne. Les personnages sont désormais adultes. Les paillettes ont laissé la place à des couleurs désaturées, un format d'image étiré de presque un tiers par rapport à celui des saisons précédentes, ainsi qu’à l'arrivée de Hans Zimmer pour la bande originale : un virage avec des ambitions cinématographiques.

    Les thèmes abordés visent les problématiques états‐uniennes des années 2020. Les jeunes adultes à l'écran sont enfermé‐es dans un système social catastrophique et aliénant. Le propos de la série est plus que jamais centré sur la drogue et le travail du sexe, montrés avec beaucoup de mépris. Là où on peut saluer le fait que ces thématiques soient abordés, la manière de le faire est très critiquable et manque cruellement de profondeur. Certains personnages clés des saisons précédentes, comme Lexi (Maud Apatow) ou Jules (Hunter Schafer), sont reléguées au second plan et privées d'un véritable arc narratif. Cette saison dresse le portrait d'un monde austère, sans espoir, où le seul enjeu est le pouvoir. En cherchant à exposer la « pornification du monde » comme le réalisateur Sam Levinson l'exprime lui‐même, cette dernière saison semble s’y perdre. Le résultat est une histoire de plus en plus superficielle, qui se prend les pieds dans ce qu'elle essaye de remettre en question pour en faire une simple mise en spectacle.

  • Accusations envers Theodora : les femmes noires doivent encore montrer patte blanche

    Le 27 mars dernier, Soledad, une créatrice de contenu approchant les 300 000 abonnés sur Tik Tok, a posté une vidéo depuis supprimée dans laquelle elle annonce que le public doit se préparer « à boycott l’artiste préféré(e) de la France entière ». Si elle ne cite aucun nom, les commentaires mentionnant Theodora déferlent. L’artiste franco‐congolaise de 22 ans serait impliquée dans des violences sexuelles et sexistes. À ce jour, ni Theodora, ni son label Boss Lady Records ne se sont exprimés sur ces accusations. 

    S’il n’est pas question de balayer du revers de la main ces accusations, le processus de dénonciation à l'œuvre questionne. D’abord, teaser de telles violences ne sert rien d’autre que le divertissement intrinsèque à la plateforme, au détriment de la ou des potentielles victimes. Mais ce qui se joue avant tout ici dépasse le simple emballement propre aux réseaux sociaux : cette affaire met en lumière la misogynoire, une forme spécifique de discrimination à l’intersection entre le sexisme et le racisme qui vise les femmes noires. 

    Alors que la chanteuse s’est imposée comme l’une des figures centrales de la scène musicale française et qu’elle a raflé quatre récompenses aux dernières Victoires de la musique, beaucoup semblent attendre sa chute. Lors de son entretien dans le magazine The Fader, Theodora a déclaré devoir « se battre cinq fois plus » en tant que femme noire en France, pays qu’elle qualifie de « raciste »

    L’histoire des femmes noires est marquée par une double contrainte : invisibilisées mais aussi assignées à des stéréotypes persistants tels que l’hypersexualisation. Dans cette affaire, née alors qu’elle entamait sa série de concerts au Zénith de Paris, Theodora ne bénéficie pas des appels au respect de la présomption d’innocence régulièrement invoquée lorsqu’il s’agit de violences sexistes et sexuelles. Une exigence implicite pèse sur les femmes noires : celle d’être irréprochables en permanence.

  • Party des Femmes le 21 avril !

    On aurait pu vous parler de la fin de la saison des awards à Hollywood, de la non‐oscarisation de Timothée Chalamet, mais on a préféré vous parler du vrai événement de ce printemps : on fête notre anniversaire !

    A l’occasion de la sortie de notre vingtième numéro et de la première année d’existence de Parti des Femmes, on vous invite à nous retrouver le mardi 21 avril à 19h00 au Point Ephémère (Paris 10). 

    En première partie de soirée, on invite cinq femmes à discuter d’un thème qui anime notre travail à Pdf : Que faire après le féminisme blanc bourgeois ? 

    Le féminisme blanc, libéral et/ou bourgeois est aujourd’hui largement et légitimement critiqué. Qu’il s’agisse de la centralité de la réponse répressive et carcérale aux questions de violence, de l’effacement des vécus et des luttes des femmes minorisées, de l’instrumentalisation raciste ou impérialiste du féminisme : comment sortir de cette impasse politique ? Cette table ronde propose de partir des expériences et des formes d’organisations des intervenantes, pour construire un féminisme capable de répondre au péril politique, en plaçant les marges au centre. Et si vous n’êtes pas à Paris, cette table ronde sera rediffusée sur YouTube ! 

    Et comme c’est la fête, la table ronde sera suivie par un DJ set de KahiBaby, hyperpop princess des nuits parisiennes, et un autre de Diane Wurtz, militante infatigable de la fête libre et politique. 

    On vous attend nombreux‐ses le mardi 20 avril 2026 au Point Ephémère (Paris 10). Entrée gratuite, 19h00‐23h30.

  • « Coutures » au cinéma et fashion week parisienne

    « Coutures » au cinéma et fashion week parisienne

    La politique ne fait plus recette dans la mode. La Fashion Week de Paris s’achève, et de nombreux‑ses commentateur‑rices soulignent qu’une certaine esthétique de la rigueur s’impose sur les podiums. La maigreur aussi confirme son grand retour, avec des silhouettes épurées et très près du corps, la mettant encore plus en avant. Si la mode s’inspire parfois des marges, l’air ne semble plus à la subversion des normes. 

    En revanche, des provocations vides de sens voire douteuses trouvent bien leur place. Ainsi, le défilé de la marque Enfants Riches Déprimés qui se tenait le dimanche 8 mars, s’est ouvert avec Marylin Manson, accusé de violences physiques et sexuelles graves par plusieurs de ses ex‐compagnes.

    Au même moment est sorti le film de fiction Coutures d’Alice Winocour, mettant en scène la Fashion Week parisienne par un triple portrait de femmes : Ada, étudiante sud‐soudanaise tout juste arrivée à Paris pour être mannequin, Maxine, réalisatrice américaine qui vient faire un film pour ouvrir le défilé d’une maison parisienne, et Angèle, maquilleuse indépendante qui court après les jobs pour boucler les fins de mois tout en écrivant son premier roman.

    Si le film effleure des sujets comme la précarité de certain‐es travailleurs‐euses de l’industrie ou les fractures économiques et symboliques qui s’y jouent, il reste très en surface, ne prend aucun risque et passe donc un peu à côté de ce qu’on aurait aimé voir. Aucune mention par exemple, des mannequins sud‐soudanais‑e repéré‐es, parfois dans des camps de réfugiés, amenés en Europe puis exploités par les maisons de mode occidentales pendant les Fashion Week. 

    Après une période un peu plus légère, la mode reste une sphère bien rodée du pouvoir, qui impose toujours son système de valeur rigide et reste au‐dessus des lois et des enjeux du monde.

  • Du témoignage au bien culturel : qui y perd, qui y gagne ?

    Du témoignage au bien culturel : qui y perd, qui y gagne ?

    Le 17 février est sorti Et la joie de vivre, le livre‐témoignage de Gisèle Pélicot. Un récit dans lequel elle raconte son histoire et son vécu du procès des viols de Mazan. Porté par une très importante promotion médiatique, le livre s’est immédiatement hissé en tête des ventes. Si cette publication répond à un mot d’ordre de libération de la parole des victimes, comment expliquer que si les récits de violences prospèrent, les violences, elles, ne décroissent pas ? 

    Publiciser les violences sexistes et sexuelles, les faire sortir de la sphère privée pour montrer qu’elles sont politiques, est essentiel. Gisèle Pélicot a déclaré vouloir que son histoire serve aux autres, et c’est bien le travail des médias de masse que de marquer la conscience collective. Mais en devenant un objet culturel de masse, le témoignage devient aussi un bien de consommation. La publication commerciale, en choisissant les paroles rendues publiques, produit une hiérarchie où les récits les plus audibles sont les plus susceptibles de rencontrer un succès. 

    En l’occurence, Gisèle Pélicot incarne selon ses termes, une femme « simple et discrète », qui « n’est pas en colère ». Elle insiste sur le fait qu’elle n’est pas « la bonne victime » qui serait « dépressive, suicidaire » en mettant en avant « la joie de vivre [qui] a toujours été en [elle] ». Cette figure est donc idéale car elle comporte ce qu’il faut d'ordinaire pour que tout le monde puisse s’y identifier, et ce qu’il faut d'extraordinaire situé du côté de la respectabilité pour que son récit soit prisé par l’industrie culturelle et médiatique. 

    A l’inverse, les récits de Caroline Darian accusant elle aussi son père de l’avoir violée, rencontrent un moindre écho médiatique. Sa colère est présentée par les médias comme un contrepoint à l’attitude de Gisèle Pélicot, voire par Gisèle Pélicot elle‐même. Elle ne possède pas de preuve des abus physiques de son père sur sa personne et n’obtiendra donc probablement jamais justice. Elle incarne la question de l’inceste, centrale, et angle mort d’une affaire qui semble mettre tout le monde d’accord.

  • ICE OUT : le militantisme des célébrités

    ICE OUT : le militantisme des célébrités

    Lors des Grammys, le slogan « ICE OUT » s’est affiché sur les tenues de célébrités, pour dénoncer la violence de la police d’immigration états‐unienne. Mais derrière cette prise de position visible se cache une réalité plus inconfortable : le pin’s permet de se positionner sans jamais se mouiller. Le geste transforme la colère politique en symbole consommable. Un militantisme partageable comme un meme, qui nourrit l’engagement de celles et ceux qui luttent, sans jamais y prendre part. Le malaise s’accentue lorsque certaines célébrités portent ce pin’s alors qu’elles sont restées silencieuses face au génocide à Gaza, comme si la violence raciste des Etats‐Unis n'était pas le revers de leur politique impérialiste.

    On sent pourtant l’urgence de parler de ces sujets, certaines célébrités se « politisent », mais dans un cadre sûr, où l’action réelle reste limitée à l’affichage. A l’inverse, certaines figures publiques, que le facisme n’épargne pas, ne portent pas un symbole mais une histoire. Olivia Dean, alors qu’elle accepte son premier Grammy Award, rappelle ses origines liées à l’immigration. Il en est de même pour Shaboozey, qui dédie son prix à tous les enfants d’immigrés. Bad Bunny, lui, triplement récompensé, a toujours utilisé son succès comme un espace de résistance. Sa communauté étant la cible principale de l’ICE, il a fait le choix de ne pas faire passer sa tournée par les Etats‐Unis, par crainte de descentes lors de ses concerts​.Sa performance au Super Bowl, unique date américaine, en est la preuve. Qualifiée d’« affront à la culture américaine » par Trump, elle ne contenait pourtant aucun message explicite concernant les politiques récentes menées par les Etats‐Unis. En treize minutes, Bad Bunny célébrait Puerto Rico et l’ensemble des cultures latino‐américaines, rappelant que l’Amérique ne se limite pas à un seul drapeau.

  • Bad Bunny, tête d'affiche du Superbowl

    Bad Bunny, tête d'affiche du Superbowl

    C’est le chanteur Bad Bunny qui sera en tête d’affiche de la mi‐temps du Superbowl états‐unien, la finale du championnat de la ligue de football américain, le soir du 8 février prochain. Initialement, c’est un événement purement sportif qui se met en place au début du XXème siècle. Ce n’est que dans les années 90 que la mi‐temps prend la forme qu’on lui connaît aujourd’hui : chaque année, un concert d’un‑e artiste majeur‑e de la pop mondiale. C’est d’abord des impératifs publicitaires qui ont conduit à cela. Alors que la finale battait déjà des records d’audiences télévisuelles, la mi‐temps était chaque fois un moment de perte de téléspectateur‐rices, ce qui n’était pas pour plaire aux annonceurs.

    C’est Michael Jackson qui inaugure ainsi le nouveau format en 1993, avec un concert qui fait pour la première fois grimper les audiences à la seconde mi‐temps. Suivent d’autres stars mondiales comme Diana Ross, U2, les Rolling Stones, et des concerts faisant se croiser souvent plusieurs genres et artistes. Depuis 2010, on a vu se produire Madonna, Beyoncé, Lady Gaga ou encore Rihanna pour des concerts qui ont marqué la carrière de chacune de ces artistes.

    Que va faire Bad Bunny de sa finale du Superbowl ? L’artiste avait annoncé en septembre dernier renoncer à se produire sur le territoire états‐unien pour la tournée mondiale de son album DeBÍ TiRAR MáS FOToS. La raison : la crainte de voir la police de l’immigration de Trump attendre les spectateurs devant les salles, alors qu’il est très écouté par les communautés latinas. Sous une administration raciste et fasciste, Bad Bunny devrait être ainsi le premier artiste à proposer un concert de finale de Superbowl entièrement en langue espagnole. Peu friande de polémiques, quelles contraintes la National Football League a‑t‐elle imposées au chanteur ?

  • « Heated Rivalry » : Passion sur glace

    « Heated Rivalry » : Passion sur glace

    C’est le phénomène télé du moment. Depuis sa sortie en novembre dernier, la série Heated Rivalry, adaptation des très populaires romans de l’autrice canadienne Rachel Reid dépasse toutes les attentes. On y suit l’ascension de Shane Hollander et Ilya Rozanov, deux joueurs professionnels de hockey sur glace qui, malgré leur rivalité médiatisée, entretiennent dix ans durant une romance tumultueuse. Malgré le faible budget accordé à sa production, les six épisodes n’ont pas mis longtemps à trouver le succès. Plébiscitée par le public bien au‐delà du Canada où elle a d’abord été diffusée, la série a déjà été renouvelée pour une deuxième saison, et ses deux têtes d’affiche font la tournée des talk shows et des cérémonies de prix américaines. 

    Si la série a d’abord bénéficié de l’engouement récent autour des romances littéraires et d’une popularisation en ligne par les influenceuses du #BookTok, elle a aussi attiré l’attention de la critique, qui voit dans l’immense succès de Heated Rivalry le signe d'un nouveau tournant de la production culturelle LGBT+. Après le cinéma indépendant des années 90, porté par des réalisateurs comme Todd Haynes ou Gregg Araki, puis la mainstreamisation des années 2000 inauguré par le Secret de Brokeback Mountain d’Ang Lee, l’ère de la normalisation, à l’écran, d’une intimité queer sentimentale et sexuelle est‐elle finalement arrivée ? 

    Mais cette success story met aussi en lumière l’oppressante culture du silence de la vraie NHL, la ligue de hockey nord‐américaine. Alors que la fédération a développé des initiatives pour attirer un public plus diversifié à partir de 2017, elle a aussi provoqué la polémique en 2024 en interdisant à ses joueurs d’arborer des signes de soutien à la communauté LGBT lors des matchs. 

  • Le retour de l’extrême maigreur à Hollywood

    Vous n’y avez sans doute pas échappé : la vague promotionnelle pour Wicked : for good, deuxième et dernier volet des aventures de Glinda et Elphaba, a inondé les médias ces dernières semaines. Largement diffusés sur les réseaux sociaux, les extraits des interviews des actrices et chanteuses Cynthia Erivo et Ariana Grande ont été fortement commentés. Le duo se noie dans les émotions à chaque interview, apparaît extrêmement proche, et on ne compte plus les clips les montrant émues aux larmes. Mais ce qui est aussi largement commenté, c’est leur apparence physique. Car depuis le début de la promo du premier Wicked, Ariana Grande et Cynthia Erivo apparaissent très amaigries.

    En réponse à ces commentaires, Ariana Grande a déclaré n’avoir jamais été aussi en forme physiquement et mentalement. Une partie des commentateur‐rices invitent de même à arrêter les commentaires sur son corps, qui s'inscriraient dans des pratiques de bodyshaming. Mais ce faisant, Ariana Grande évacue le fait que le corps qu’elle présente puisse être lu comme anormal. Et, de par son statut de star, elle contribue à déplacer le curseur du « normal » de plus en plus vers la maigreur. 

    Or la préférence pour la maigreur et la crainte de la grosseur ne sont ni neutres, ni anodines (voir actu page 2). La valorisation de la maigreur est une des façons dont le corps est utilisé pour fabriquer et légitimer les hiérarchies de race, de sexe et de classe. La préférence pour la maigreur est donc un outil des élites pour se distinguer des classes populaires, mais va aussi dans le sens de renforcer la blanchité comme classe dominante. D’ailleurs, cela s’observe dans la réception de la promo de Wicked  : si les apparitions d’Ariana Grande sont moquées pour ses émotions débordantes, celles de Cynthia Erivo font l'objet de commentaires racistes d’une très grande violence.