Catégorie : au cas où

  • La santé sexuelle, gratuitement

    La santé sexuelle, gratuitement

    Pour accéder à des soins, tu peux t'adresser à un centre de santé sexuelle, dont un annuaire des adresses est disponible sur le site ivg​.gouv​.fr ou dans les CeGiDD, rattachés à des hôpitaux. Ces deux structures proposent gratuitement : consultations, dépistages des IST, préservatifs, pilules du lendemain et tests de grossesse.

    Pour la contraception, les méthodes les plus efficaces, la pose d'un dispositif intra‐utérin au lévonorgestrel ou la vasectomie, requièrent des interventions médicales. Contre les IST, le préservatif externe ou interne est la méthode la plus fiable et remboursé sans ordonnance jusqu'à 26 ans. Les dépistages d'IST en laboratoire d'analyse médicale ou en CeGIDD sont sans frais, sans ordonnance et souvent sans rendez‐vous, jusqu'à 26 ans. Le dépistage du VIH reste totalement pris en charge quel que soit l'âge.

    En cas d'urgence, la pilule du lendemain est toujours remboursée en pharmacie. Si tu penses avoir été exposé‑e au VIH, un traitement d'urgence appelé TPE peut être administré par les urgences entre 4 et 48 heures après l'exposition. Les délais pour les dépistages sont de 6 semaines pour le VIH, et de 2 jours à 3 semaines pour les autres IST en fonction du type d'infection.

  • Régulariser sa situation fiscale en cas d'oubli ou d'erreur

    Chaque année, à partir du mois d'avril, l'administration fiscale nous demande de déclarer nos revenus afin de procéder au calcul de nos impôts. Cette déclaration est obligatoire pour tous‐tes les contribuables, même si tu ne déclares pas ou peu de revenus, ou que tu es au chômage. Pour 2026, la campagne de déclarations s'est clôturée le 6 juin dernier.

    Si tu as oublié de déposer ta déclaration, il est toujours possible de le faire en ligne tant que ton espace personnel sur le site impots​.gouv​.fr est ouvert. Si ce n'est plus le cas, tu devras envoyer une déclaration papier à ton centre local. Dans les deux cas, et même si tu ne reçois pas d'avertissement concernant ton retard de déclaration, ton impôt final sera majoré de 10%. Ce taux peut augmenter jusqu'à 40% si tu ne réponds pas à une mise en demeure de l'administration.

    Si tu constates une erreur sur ton avis d'imposition, un service de correction en ligne ouvrira d'août à fin novembre. Il te donnera la possibilité de rectifier des éléments erronés et d'obtenir, le cas échéant, un nouvel avis d'imposition. Tu bénéfices d'un droit à l'erreur : si l'erreur est accidentelle, et que tu as respecté les délais initiaux de déclaration, aucune majoration ne sera appliquée. Des intérêts de retard peuvent être exigés à hauteur de 1.2%, mais ils peuvent être réduits dans le cas d'une correction spontanée.

  • Le droit de retrait

    Forte chaleur, risque d’agression, locaux non chauffés, absence d’équipements de protection adaptés… Le travail peut mettre en danger notre santé et notre sécurité. En France, entre 2 et 3 personnes meurent chaque jour sur leur lieu de travail.

    Le droit de retrait est un dispositif prévu par le code du travail permettant aux salarié‐es de se retirer d’une situation qui les expose à des risques. Ce droit est associé à une obligation d’alerte de la hiérarchie sur les motifs du retrait. L’employeur ne peut demander une reprise de l’activité qu’après la résolution du danger dénoncé. Pour autant, un‑e salarié‑e retiré‑e doit rester disponible et ne peut pas refuser, par exemple, d’être assigné‑e à une autre mission.

    Contrairement à la grève, le droit de retrait est un droit individuel, qui peut s’exercer collectivement si le danger concerne plusieurs salarié‐es. Il ne nécessite pas de préavis et n’entraîne pas de retenue de salaire, tant que le motif est considéré raisonnable par l’employeur. En cas de désaccord sur ce point, le litige doit être tranché aux prud’hommes.

    Le code du travail ne fixe pas de motif ouvrant au droit de retrait, mais précise que le danger doit être « grave et imminent ». Ces deux critères sont laissés à l’appréciation subjective des salarié‐es, qui ne sont pas tenus de prouver l’effectivité des risques pour quitter ou refuser de s’installer à leur poste de travail.

  • Connaître ses droits en cas d'hospitalisation psy

    Connaître ses droits en cas d'hospitalisation psy

    En cas d'hospitalisation libre (c'est-à-dire que nous ou notre responsable légal avons consenti à l'hospitalisation), on a le droit de choisir l'établissement et son médecin. On dispose de la liberté d'aller et venir, c'est à dire qu'on ne peut pas être enfermé‑e, on ne peut pas non plus faire l'objet de mesures d'isolement ou de contention. On est libre de sortir sous la décision du médecin ou sur sa propre décision, auquel cas il faut signer une attestation de sortie contre avis médical. Cela est toujours possible.

    En cas d'hospitalisation sous contrainte, c'est-à-dire lorsque l'on est hospitalisé‑e en dehors de sa volonté propre, il est malheureusement légal d'enfermer et/ou de faire usage de la contention. Ces mesures sont supposées être temporaires et encadrées : d'une durée de 12h renouvelable une fois pour l'isolement, de 6h renouvelable dans la limite de 24h au total pour la contention. Si ce cadre a été dépassé, on peut alors saisir le juge des libertés et de la détention dans les douze jours suivant l'hospitalisation, pour contester l'hospitalisation sous contrainte ou les pratiques ayant eu lieu pendant.

    Si on a été victime ou témoin de violences psychiatriques, en cas d'hospitalisation libre comme sous contrainte, il est aussi possible de faire une réclamation ou un signalement à l'agence régionale de santé (ARS) au sujet d'un‑e médecin, d'un service ou de l'établissement. Mais beaucoup de situations de violences restent malheureusement légales.

  • Vous êtes victime d’une fuite de données

    Vous êtes victime d’une fuite de données

    Lorsque vous utilisez un service, une boutique en ligne, un réseau social, ou plateforme web d’un service public, vous leur confiez des données sur votre personne, ainsi que des données d’utilisation, comme votre mot de passe. Quand ces services subissent des attaques de vols de données, généralement pour les revendre, vous êtes alors victime d’une fuite.

    Les conséquences sont rarement très importantes : s’il ne s’agit que de votre adresse email ou de votre numéro de téléphone, ils seront utilisés dans des tentatives d’arnaques téléphoniques, dont vous êtes probablement déjà la cible régulière. Si, comme plus rarement, des données bancaires ont fuité, surveillez votre compte, et contactez votre banque si vous constatez des prélèvements inhabituels : même avec un IBAN correct, elle n’est pas censée accepter un prélèvement que vous n’avez pas signé.

    Attention cependant si vous réutilisez vos mots de passe sur de multiples sites. Si votre mot de passe fuite quelque part, vos comptes sur d’autres services peuvent être soudainement piratés, même des mois après, à l’aide de cette information. Utilisez des mots de passe différents et aléatoires, au moins pour vos comptes les plus importants (mails et réseaux sociaux). Aidez‐vous pour cela d’un gestionnaire de mot de passe, la plupart des navigateurs modernes en proposent un. À défaut, contrairement à une idée répandue, utiliser un carnet papier reste généralement une meilleure option que réutiliser des mots de passe identiques ou similaires.

  • Gérer la douleur

    Gérer la douleur

    La douleur est avant tout une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable. Physiologiquement, c'est le résultat d'un signal d'alarme activé par des récepteurs spécialisés du cerveau, les nocicepteurs. 

    On distingue trois types de douleur : la douleur inflammatoire, liée à une sollicitation excessive, une lésion des tissus ou des maladies comme l'endométriose ou l'arthrose ; la douleur neuropathique, issue de lésions nerveuses, souvent ressentie comme des décharges électriques ; et la douleur centralisée, où c'est le système nerveux lui‐même qui amplifie des signaux normalement neutres, par exemple dans la fibromyalgie. Ces types peuvent coexister.

    Ce que l'on ressent dépend de l'état émotionnel, du cycle hormonal, des normes culturelles, etc. La douleur n'est pas la même dans tous les corps, ni dans tous les contextes sociaux. Certaines drogues ou médicaments peuvent être utilisés pour soulager la douleur, mais la plupart créent de l’accoutumance : il faut en prendre de plus en plus pour obtenir le même effet.

    Face à la douleur chronique, les mouvements de personnes handicapées ou malades ont développé des savoirs pratiques. Le pacing par exemple : il s'agit d'ajuster son rythme à ses limites réelles, avant d'atteindre l'épuisement, en visant la durabilité plutôt que la performance. Cela passe par des temps de repos réguliers, le fractionnement des tâches, l'alternance entre effort physique et mental, et l'apprentissage de signaux avant‐coureurs de la fatigue. 

  • La régularisation des impôts sur le revenu

    La régularisation des impôts sur le revenu

    Le 9 avril dernier a commencé la campagne de déclaration des impôts sur le revenu pour l'année 2025. Si tu paie des impôts sur le revenu, pour anticiper un potentiel montant à régulariser, il existe un simulateur sur le site impots​.gouv​.fr. Si le montant de tes impôts dépasse le montant prélevé à la source, alors la régularisation sera prélevée automatiquement, en une fois si le total est inférieur à 300 euros. Si tu dois rembourser plus de 300 euros, le paiement est automatiquement étalé sur 4 mois, de septembre à décembre. À l'inverse, si le prélèvement à la source sur l'année 2025 a été trop important, tu seras remboursée dans le courant de l'été. Il est possible d'ajuster son taux sur impots​.gouv​.fr.

    Suite à la loi finances 2026, le seuil de l'ensemble des tranches du barème de l’impôt sur le revenu a augmenté de 1,1%, ce qui compense le taux d'inflation sur l'année (0,9%). Cependant, il n'existe toujours que 5 tranches d'impositions, qui commencent à un taux de 11% à partir de 11 601 euros, seuil très abrupt pour les ménages les plus modestes. 

    En 2024, sur les 13 000 foyers fiscaux concernés par l'impôt sur la fortune immobilière et qui ne payent aucun impôt sur le revenu, seuls 2 000 d’entre eux ont été placés en redressement judiciaire (selon la commission finances du Sénat sur des chiffres de 2024), cette fraude étant largement permise par des montages financiers. La fraude fiscale reste la plus importante, écrasant largement le montant des fraudes aux aides sociales.

  • Contester une dette à la CAF

    Si tu touches des aides sociales, tu as peut‐être déjà dû rembourser un trop‐perçu à la CAF. Plusieurs recours existent.

    La majorité des trop‐perçus est liée à un oubli de déclaration : mise en couple, déménagement, retour à l'emploi. La CAF prélève directement les sommes dues sur tes prestations si tu en touches encore. Tu peux augmenter le montant mensuel ou régler la totalité. La dette est prescrite au bout de 5 ans.

    Si tu n'es plus allocataire, tu peux contacter le service de gestion des créances pour un étalement des remboursements. Tu peux aussi demander une remise de dette par courrier à ta CAF, en justifiant tes difficultés, à condition que la dette ne soit pas qualifiée de frauduleuse. Les remboursements sont suspendus pendant l'examen. En cas de désaccord, tu as deux mois après notification pour contester par courrier, ce qui suspend aussi les remboursements.

    En 2024, la CAF a détecté 450 millions d'euros de fraude, soit moins de 3% des montants versés, sur 100 milliards distribués. Si la fraude est caractérisée comme délibérée, les sanctions peuvent aller jusqu'à 5 ans de prison et 375 000 euros d'amende. Pendant ce temps, le taux de non‐recours aux prestations sociales oscille entre 30 et 50% en France, 36% pour le RSA. Pendant que sont traquées les petites fraudes, aucune mesure n'est prise pour s'assurer que les milliards qui leurs sont dus arrivent à celles et ceux qui en ont besoin.

  • Voir une assistante sociale, ça sert à quoi ? 

    Voir une assistante sociale, ça sert à quoi ? 

    Voir une assistante sociale sert à être accompagné‑e gratuitement face à des difficultés. Son rôle est d’écouter, de conseiller et d’orienter vers des dispositifs d’aide existants pour trouver des solutions adaptées à chaque situation. Elle peut par exemple t’aider à comprendre tes droits, à accéder à des aides sociales ou à effectuer des démarches administratives. 

    Tu peux contacter une assistante sociale dans plusieurs situations : difficultés financières suite à une perte d’emploi, problèmes de logement ou lors d’une séparation ou d’un divorce. Elles peuvent également intervenir dans des situations de violences conjugales et intrafamiliales afin d’apporter du soutien et de réorienter vers des structures adaptées. L’assistante sociale peut aussi orienter vers un accompagnement psychologique si nécessaire. 

    Certaines travaillent dans des structures spécialisées, notamment pour soutenir les aidants familiaux lors d’une hospitalisation, de la découverte d’une maladie chronique ou d’une perte d’autonomie. Elles interviennent aussi en milieu scolaire pour aider les élèves et leurs familles.

    Enfin, elles peuvent soutenir les personnes confrontées à des démarches liées à la migration, en facilitant l’accès aux services sociaux. 

    En cas d’urgence sociale (grande précarité, violence…), il est possible de contacter le 115, numéro gratuit d’aide d’urgence sociale, ou le 3919 en cas de violences conjugales.

  • Comment modifier son état civil ?

    Comment modifier son état civil ?

    En janvier dernier, une circulaire du ministère de la Justice rappelait les critères relatifs aux changements de prénom et de mention de sexe à l’état civil des personnes trans. L’occasion est venue de faire un point sur les procédures en vigueur.

    Concernant le prénom et le nom de famille, ils peuvent tous deux être changés en mairie en soumettant le formulaire approprié, un ensemble de justificatifs d’identité et de résidence, et toute pièce pouvant permettre à l’officier‑e d’état civil de confirmer l’intérêt légitime de la demande. Toutefois, la circulaire rappelle que cellui‐ci ne peut pas justifier son refus en se basant sur une « absence d’adéquation entre l’apparence physique […] et le prénom sollicité ».

    Pour la mention de sexe, malgré les revendications des militant‑es trans et les recommandations de la Défenseure des droits, il est encore obligatoire de saisir le tribunal judiciaire pour en demander la modification. Bien que méconnu et non mentionné sur service​-public​.gouv​.fr, le formulaire Cerfa n°15968*01 peut faciliter la préparation du dossier à soumettre.

    Enfin, suite à l’adoption du budget 2026, la saisine d’un tribunal judiciaire est désormais conditionnée à une contribution de 50 €, compliquant encore davantage l’accès à la modification de la mention de sexe pour les personnes trans – en particulier réfugiées.