Le 3 janvier 2026, les forces armées américaines enlevaient Nicolás Maduro de Caracas pour le transférer à New York et le poursuivre pour des accusations farfelues de « narcoterrorisme ». Quelques semaines plus tard, Washington déclenchait, avec la complicité d’Israël, un conflit ouvert contre l’Iran qui a déjà causé des centaines de morts civils, des déplacements de populations, et a offert à Israël l’opportunité d’occuper de nouveau le sud du Liban. Ces épisodes ne sont pas indépendants.
Le Venezuela dépendait du pétrole pour 95% de ses exportations en 2016, et souffrait donc d’une économie très peu diversifiée. Quand Washington a commencé à sanctionner les revenus pétroliers de l’État, c’est toute l’économie du pays qui s’est effondrée, dont les importations de nourriture et de médicaments. Après le premier décret exécutif d’août 2017, la production pétrolière a chuté trois fois plus vite qu’avant, avec 6 milliards de dollars de pertes en un an. En janvier 2019, Washington reconnaissait l’opposant Juan Guaidó comme « président par intérim » et imposait de nouvelles sanctions : la production s’est effondrée de 36% supplémentaires en deux mois.
Mais l’arme centrale de cette guerre économique, c’est aussi la sanction secondaire, qui consiste à menacer tout pays commerçant avec le pays ciblé. Depuis 2017, plus personne ne veut donc toucher au pétrole vénézuélien sur les marchés officiels. Face à ça, le Venezuela et l’Iran avaient construit une résistance commune : en 2020, Téhéran expédiait plus de 1,5 million de barils d’essence vers Caracas, pendant que des flux financiers circulaient en sens inverse via des canaux informels. Une « flotte fantôme » assurait la logistique, en lien avec la Russie.
En neutralisant le Venezuela, Washington a brisé cette infrastructure et a cherché à créer les conditions favorables pour frapper l’Iran sans conséquences sur les prix du pétrole : demande mondiale molle, offre abondante. Contrôler le pétrole vénézuélien sous un gouvernement fantoche à Caracas devait servir à absorber les chocs d’un conflit contre Téhéran. L’Iran a répondu en menaçant le détroit d’Ormuz, par lequel transitent 20% de la consommation mondiale de pétrole, soit 20 millions de barils par jour (d’où la hausse des prix à la pompe en France).
Le Venezuela possède les premières réserves pétrolières certifiées du monde et l’Iran les troisièmes, leur contrôle n’est donc pas un bénéfice secondaire de ces opérations. La stratégie de sécurité nationale de l’administration Trump l’écrit explicitement : les États-Unis entendent construire un monde dans lequel tous les pays auraient à choisir entre « vivre sous leadership américain » ou « subir l’influence de pays situés à l’autre bout du monde ». Les analystes qui prêtent une forme d’isolationnisme aux Etats-Unis se trompent. Trump continue d’ensauvager l’impérialisme américain en lui retirant les masques du multilatéralisme.






