La saison 3 de la série étasunienne Euphoria a commencé sa diffusion le 13 avril, 4 ans après la précédente. Les 2 épisodes sortis jusqu'à présent témoignent déjà d'un tournant plutôt mal accueilli par les fans. Jusqu'à la fin de la saison 2, nous suivions Rue (Zendaya) à travers ses addictions, qui nous racontait la vie d’un groupe de lycéen‐nes, naviguant à travers les expériences de la fin de l'adolescence.
Saluée jusqu’à présent par la critique, un radical changement du visuel propre à la série s’est fait sentir. Du lycée et des chambres d'ados, on passe aux grands espaces du sud étatsunien, avec une esthétique de western moderne. Les personnages sont désormais adultes. Les paillettes ont laissé la place à des couleurs désaturées, un format d'image étiré de presque un tiers par rapport à celui des saisons précédentes, ainsi qu’à l'arrivée de Hans Zimmer pour la bande originale : un virage avec des ambitions cinématographiques.
Les thèmes abordés visent les problématiques états‐uniennes des années 2020. Les jeunes adultes à l'écran sont enfermé‐es dans un système social catastrophique et aliénant. Le propos de la série est plus que jamais centré sur la drogue et le travail du sexe, montrés avec beaucoup de mépris. Là où on peut saluer le fait que ces thématiques soient abordés, la manière de le faire est très critiquable et manque cruellement de profondeur. Certains personnages clés des saisons précédentes, comme Lexi (Maud Apatow) ou Jules (Hunter Schafer), sont reléguées au second plan et privées d'un véritable arc narratif. Cette saison dresse le portrait d'un monde austère, sans espoir, où le seul enjeu est le pouvoir. En cherchant à exposer la « pornification du monde » comme le réalisateur Sam Levinson l'exprime lui‐même, cette dernière saison semble s’y perdre. Le résultat est une histoire de plus en plus superficielle, qui se prend les pieds dans ce qu'elle essaye de remettre en question pour en faire une simple mise en spectacle.
