Maladie gynécologique longtemps ignorée, l’endométriose touche environ 1 femme sur 10 en France, 2 millions de personnes menstruées. Elle se manifeste par la présence, en dehors de l’utérus, de fragments de muqueuse utérine. Après l’ovulation, cette muqueuse, appelée endomètre, s’épaissit pour se préparer à une éventuelle fécondation. En son absence, les règles surviennent. Chez les personnes atteintes d’endométriose, ces fragments de muqueuse épaississent et saignent mais ne sont pas évacués, contrairement aux menstruations. Ils migrent alors hors de l’utérus et se déposent sur d’autres organes, comme les ovaires ou l’abdomen, où ils provoquent des réactions inflammatoires et forment des lésions, des cicatrices, voire des kystes.
Ces lésions sont responsables de symptômes variés et invalidants, notamment pendant les règles. Les personnes concernées évoquent des douleurs en bas du ventre, des nausées, des vomissements et parfois des pertes de connaissance. L’endométriose peut également entraîner des douleurs lors des rapports sexuels, des troubles psychiques et, dans certains cas, de l’infertlité.
Les causes de la maladie restent mal connues. Aujourd’hui, il n’existe aucun traitement pour traiter la maladie, mais il est possible d’atténuer les symptômes à l’aide d’anti-inflammatoires, de contraceptifs ou en ayant recours à la chirurgie. Ce qui frappe lorsqu’on parle d’endométriose, c’est l’errance thérapeutique auxquelles les personnes sont confrontées. Il faut en moyenne 7 à 10 ans pour que la maladie leur soit diagnostiquée car souvent, la souffrance des patient‐es n’est pas prise au sérieux. Une négligence héritée de la médecine qui a longtemps minimisé et nié le mal‐être des femmes. Des avancées récentes, comme le test salivaire pour le diagnostic, ouvrent néanmoins la voie à des perspectives encourageantes.