Dans la nuit du 29 au 30 avril dernier, une nouvelle flottille a été interceptée par l’armée israélienne au large de la Crète. Composée d’une soixantaine de bateaux, la flottille humanitaire Global Sumud s’était élancée plus tôt ce mois‐ci depuis Marseille, Barcelone et Syracuse avec à son bord des militant‐es pro‐palestinien‐nes. L’objectif : briser le blocus humanitaire imposé par Israël à Gaza et venir en aide aux personnes, adultes comme enfants qui tentent de survivre.
Alors que l’escadre faisait route vers la Grèce, la marine militaire israélienne a arraisonné 21 bateaux et arrêté près de 200 activistes, à plus de 1 000 kilomètres de Gaza. Une opération d’ampleur illégale au regard du droit international. Si la quasi‐totalité des militant‐es ont depuis été relaché‐es ‒ à l’exception du Brésilien Thiago Avila et de l’Espagnol Saif Abu Keshek, retenus captifs pour être interrogés ‒ tous‐tes dénoncent la violence des soldats israéliens. À commencer par l’élue communiste Raphaëlle Primet qui a relaté des conditions de détention éprouvantes, entre privation de sommeil, violences physiques, températures glaciales la nuit et caniculaires le jour.
Du côté du gouvernement français, le silence interroge. Aucun‑e de ses membres n’a pris la parole quant à la détention de 15 de ses ressortissant‐es. Seul Pascal Confavreux, porte‐parole du ministère des Affaires étrangères, s’est exprimé lors d’une conférence de presse. Une absence de réaction au plus haut niveau de l’État, qui contribue à reléguer au second plan à la fois la situation humanitaire dans l’enclave palestinienne, et les tensions qu’elle suscite au‐delà de ses frontières.
Mais malgré ce désintérêt affiché, sur le terrain, la mobilisation ne faiblit pas. Pour preuve, l’Association France Palestine Solidarité a appelé à se rassembler le soir même de l’arrestation, en solidarité avec les équipages de la flottille, ainsi que pour exiger la libération des civil‐es détenu‐es. De Lyon à Marseille, en passant par Montpellier, Morlaix ou encore Mulhouse, plusieurs villes ont répondu à l’appel. À Millau, dans l’Aveyron, des militant‐es ont installé un campement et se sont relayé‐es jour et nuit pendant quatre jours.
Pendant ce temps, les embarcations qui ont échappé à l’interception ont rejoint la Crète avec l’intention de poursuivre la mission. Une détermination qui s’inscrit dans la continuité des précédentes tentatives : à l’été et l’automne 2025, la flottille Global Sumud avait déjà été arrêtée par l’État hébreu alors que ses militant‐es entreprenaient leur premier voyage à travers la mer Méditerranée jusqu’aux abords de Gaza. L’activiste suédoise Greta Thunberg et l’eurodéputée Rima Hassan avaient pris part à la mission qui avait attiré l’attention du monde entier.
