Après le rejet de ses mesures sur le logement par le Parlement, Pedro Sánchez a convoqué des législatives le 29 novembre, au terme d'une semaine de forte mobilisation sociale.
Le 2 octobre, les député‐es ont rejeté deux décrets‐lois destinés à protéger les locataires. Ils prévoyaient un bail à durée indéterminée, une baisse des loyers, l'expropriation des fonds jugés spéculatifs et l'arrêt des expulsions. Ces textes portaient le nom de Maricarmen, une Madrilène de 87 ans expulsée le 23 septembre après le rachat de son logement par une société d'investissement, qui voulait augmenter son loyer de 275 %. Elle est décédée ce 7 octobre.
Cette expulsion a cristallisé un malaise. Le bail espagnol moyen dure cinq ans au maximum et les loyers grimpent chaque année. Le 3 octobre, des manifestations ont eu lieu à Madrid, à la Puerta del Sol, et dans des dizaines de villes. Dans la capitale, entre 70 000 personnes selon les autorités et 500 000 selon les organisateur‐ices ont défilé. Le mouvement réclame désormais une grève générale, que les grands syndicats n'ont pas encore soutenue.
Le 5 octobre, le chef du gouvernement a dissous les chambres, alors que le scrutin était initialement prévu à la mi‐2027. Affaibli par des affaires de corruption touchant son entourage, il est devancé dans les sondages par le Parti populaire (PP) affilié à droite. Certains redoutent qu'un vote anticipé ouvre la voie à une coalition entre la droite et le parti d'extrême droite Vox, qui a gagné en popularité aux élections régionales de 2026. Fortement fragilisé, l’enjeu est de taille pour l’un des seuls gouvernements de gauche en Europe.