Le système de combat aérien du futur (SCAF) est un projet européen de système aérien d’armes interconnectées dans un même « “cloud de combat” » : drones, systèmes de commandement et avions, dont l’avion de combat de sixième génération. Il rassemble la France, l’Allemagne, la Belgique et l’Espagne.
Le projet n’est pas nouveau. En 2017, Emmanuel Macron et Angela Merkel annonçaient leur intention de développement conjoint d’un système aérien européen. En 2018, la France est désignée pays meneur du projet.
Cette année, le SCAF devait entrer dans sa phase industrielle, mais le projet semble prêt à tomber à l’eau. Il souffre d’abord de querelles industrielles : Dassault, le maître d’œuvre français, voudrait plus de libertés là où Airbus du côté de l’Espagne et l’Allemagne souhaite s’en tenir aux règles déjà fixées. Mais depuis la mi-février, les tensions politiques franco-allemandes sont également devenues publiques.Le chancelier Friedrich Merz reproche à la France de défendre un projet d’avion capable de transporter des armes nucléaires, dont ne dispose pas l’Allemagne.
Même sans armes nucléaires, l’Allemagne avance à grand pas pour obtenir, comme elle le souhaite, la plus grande armée d’Europe. En 2025, c’est de fait le pays qui a le plus investi dans son armée, reprochant d’ailleurs à la France de ne pas réduire assez ses dépenses sociales pour augmenter ses dépenses militaires.
Si seul Macron semble encore croire au projet, les velléités allemandes ont de quoi inquiéter. Les États-Unis, qui menacent les membres de l’OTAN jusqu’à l’invasion, ne sont plus les garants de la sécurité de l’Europe. L’arrivée de l’extrême-droite au pouvoir en Allemagne est de nouveau une possibilité. Et il semblerait déjà qu’au profit de la tension franco-allemande, Merz se rapproche de la fasciste Giorgia Meloni sur le plan de la défense.




