Cette jeunesse qu’on ne saurait voir

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Pancartes de manifestation. On peut lire "Les lycéen-nes visent le bac, la bac vise la tête"

Depuis le 18 septembre, un mouvement lycéen d’une ampleur inédite depuis vingt ans se répand comme une traînée de poudre dans le pays, s’étendant jusqu’aux universités. Partis de la banlieue parisienne, les blocages touchent désormais toute la France, tout comme bon nombre d’universités. 

Et pourtant, dans une forme de constante glaçante, le pouvoir refuse d’entendre la jeunesse : il n’est jamais question des revendications autour de l’indigence du service public d’éducation, des violences racistes et sexistes quotidiennes que ces lycéen‐nes dénoncent. 

À la place, le macronisme finissant s’enferme dans le déni : comme lors des révoltes urbaines de 2023, la police est massivement déployée, violentant et traumatisant des centaines de jeunes. Comme en 2023, La France insoumise est accusée de manipuler le mouvement, comme si les jeunes, notamment non‐blanc‐hes, particulièrement des quartiers populaires, n’attendaient que d’être lâché‐es sur de pauvres poubelles et grilles de lycées. 

Nulle surprise ici cependant. De Parcoursup au Service national universel (SNU), de la brutalisation des jeunes lors des manifestations de 2018 aux attaques contre les élèves musulmanes, de la remise en cause de l’EVARS à l’affaire Bétharram, dix ans dans la « France à Macron » ont rimé à dix ans de militarisation et de brutalisation de la jeunesse.

Et pourtant, cette jeunesse à qui on refuse le statut de victime quand elle subit des violences, qu’elles soient sexistes, sexuelles ou policières, à qui on nie le droit à l’expression quand elle se révolte, à qui on sabote l’avenir par des politiques néolibérales et écocidaires, revendique sa place dans les luttes et le mouvement social. Le 17 octobre 2026, annoncé sur les réseaux sociaux comme un retour des Gilets jaunes, est désormais porté comme un horizon de mobilisation par des milliers de lycéen‐nes, relayé‐es par des syndicats et certains partis politiques, comme LFI.

Et pourtant, en 1990, les lycéen‐nes obtiennent 4,5 milliards d’euros pour l’éducation. En 2005, iels font plier le gouvernement Fillon face à la réforme du baccalauréat. Sans même remonter à mai 1968, la jeunesse est une force de progrès et de lutte essentielle face à la montée du fascisme. Il ne reste qu’à l’écouter et à la suivre.

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