L’élection présidentielle aura lieu au Brésil les 4 et 25 octobre prochains. Lula, le président en place du Parti des travailleurs (PT), est toujours favori, mais en léger recul dans les sondages, face à son adversaire d’extrême-droite Flavio Bolsonaro. Il est le fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, ce dernier étant aujourd’hui en résidence surveillée suite à une condamnation pour tentative de coup d’État. La campagne est très disputée, émaillée de scandales de corruption touchant à la fois la famille Bolsonaro et majoritairement des personnalités de droite, mais aussi quelques personnalités du PT.
Dans ce contexte, les actes de Lula sont particulièrement regardés. En annonçant interdire les paris en ligne, le 25 septembre dernier, il vise ainsi une forme d’exploitation et de violence économique qui s’est durablement installée au Brésil ces dernières années. Depuis 2018 et leur introduction, l’épidémie d’addiction a explosé, portée, comme en France, par d’intenses campagnes de publicité et de lobbying, présentant ces paris comme un moyen rapide de gagner de l’argent et de sortir de la pauvreté. La plupart des entreprises sont étrangères, et durant des années, n’ont d’ailleurs payé aucun impôt au Brésil. Jusqu’à 29% des Brésilien‐nes parient en ligne, pour un montant atteignant 5 milliards de dollars par mois, et les taux d’endettement moyen de la population atteignent des niveaux records. Dans le même temps, les trois quarts de la population sont favorables à leur interdiction totale.