Infantisme et enfantisme : nommer les discriminations, défendre les droits des enfants

, Numéro 14

Une photo de manifestation. Une pancarte au centre "Mon enfant, ses droits"

L’infantisme est un concept proposé par la philosophe et pédopsychiatre Laelia Benoit pour désigner les discriminations spécifiques subies par les enfants en tant que groupe social. Comme d’autres rapports de domination, l’infantisme repose sur une hiérarchisation des vies : les enfants y sont perçu-es comme inférieur-es, irrationnel-les, gênant-es ou manipulateur-rices.

En miroir, l’enfantisme désigne les mobilisations politiques, sociales et culturelles visant à reconnaître pleinement les enfants comme des êtres humains à part entière, avec des droits fondamentaux.

L’infantisme traverse largement nos institutions et nos pratiques quotidiennes. Il s’exprime lorsqu’une compagnie ferroviaire comme la SNCF interdit l’accès de la classe Optimum aux enfants, les assimilant à une nuisance sonore plutôt qu’à des usager-es légitimes. Il se manifeste aussi dans les silences et défaillances institutionnelles, comme les dysfonctionnements de l’ASE (Aide sociale à l’enfance) ou encore le peu de crédit donné aux propositions de la CIIVISE (Comission Independante sur l’Inceste et les Violences Sexuelles faites aux Enfants), pourtant chargée de lutter contre les violences faites aux enfants, ou encore dans les scandales liés à des établissements éducatifs ou religieux, comme Notre-Dame de Betharram qui a enfin fermé. Tout cela rappelle l’ampleur des violences longtemps tolérées ou invisibilisées.

Ces faits ne sont pas isolés, ils s’inscrivent dans un continuum de violences qui commence par la déshumanisation. Or les enfants disposent de droits, reconnus notamment par la Convention internationale des droits de l’enfant : droit à la protection, à la dignité, à l’écoute et au respect. C’est là tout l’enjeu de l’enfantisme aujourd’hui : lutter contre la domination adulte et pour les droits des enfants. 

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