Alors que les manifestant-es sont massacré-es par milliers en Iran, Reza Pahlavi jouit d’une visibilité flatteuse dans les médias français. Le fils du shah renversé par la révolution de 1979 y est présenté comme le leader de l’opposition au régime et le garant d’une transition démocratique.
Son nom porte pourtant le stigmate de la tyrannie, de la torture, des assassinats et de la police secrète d’un régime installé à la tête de l’Iran en 1953 par un coup d’état soutenu par la CIA, après l’élection démocratique de Mohammad Mossadegh.
Depuis 2009, Reza Pahlavi mise sur la force des mobilisations populaires en Iran pour s’imposer comme l’alternative. « Je me prépare à rentrer dans ma patrie » roucoulait ces derniers jours celui qui a quitté le pays dans un avion où on pouvait encore fumer. Partisan d’un retour de la monarchie en Iran, Pahlavi affiche volontiers sa proximité avec Israël et les États-Unis. En juin 2025, il apporte même son soutien aux frappes militaires sur les sites nucléaires iraniens, qui font des centaines de mort-es civil-es. La même année, une enquête révèle une vaste campagne d’influence israélienne en farsi visant à le promouvoir comme figure légitime d’un Iran post-République islamique.
Face aux mobilisations, Pahlavi exhorte Trump d’intervenir en Iran. Mais même ce dernier ne semble pas convaincu : « Je ne sais pas si son pays accepterait ou non son leadership » dit-il à la presse. Il est probable que Pahlavi continue de planer comme un vautour autour des salons occidentaux, en attendant son heure et la chute du régime. Heureusement, seule la seconde est une promesse de l’histoire.
