Ces dernières semaines, plusieurs rappeuses et rappeurs ont pris des positions claires face à l’extrême-droite. Sur scène, dans leurs clips ou dans leurs textes, c’est un sujet central qui ne reste jamais limité à une seule punchline.
Le rap est un art qui fait parler. Et il a fait couler beaucoup d’encre sur Twitter (X) peu après la sortie du clip de « Banc public » de la rappeuse antifasciste Lizzie. Pour cause ? La simulation du tir dans la tête d’un homme qui like la vidéo de Vincent Lapierre, reporter indépendant assimilé à l’extrême-droite.
Malgré une tendance à se commercialiser vers les années 2010, c’est un genre qui continue d’évoluer dans une dimension contestataire aux idées du FN depuis les années 1990. Après l’assassinat de Nahel en juin 2023, Jul qui l’avait fait participer pour son son clip « Ragnar » lui a rendu hommage. Le titre de 13 Block « Fuck le 17 » a multiplié ses écoutes par cinq pendant les émeutes. Avec l’intensification du conflit à Gaza en octobre 2023, PNL, silencieux depuis plus de quatre ans, est sorti de son mutisme avec le titre « Gaza » .
Aujourd'hui, d’autres artistes n’hésitent plus à affirmer leurs convictions : Youssef Swatt's, gagnant de la saison 3 de la série Netflix Nouvelle École a, à maintes reprises, affirmé son soutien à la Palestine et partagé des textes engagés. Dans sa dernière diss track sortie le 9 septembre qui cumule plus de 140 000 streams, il s’attaque directement au présentateur de CNews, Pascal Praud.
La favorite de la saison 4, 2L, s’est tout de suite imposée comme une figure engagée dans une émission grand public. Son interprétation d’un morceau sur un policier qui finit meurtrier au Golden Coast a été dénoncée par la gendarmerie départementale de Dijon. Cela ne lui a pas fait perdre en popularité, comme l’a prouvé son public à la Fête de l’Humanité.