Selon des données de 2024, un-e musulman-e sur deux est confronté-e au racisme dans sa vie quotidienne ; les discriminations sont en recrudescence, en particulier sur le marché de l’emploi, depuis la précédente enquête réalisée en 2016 par l’Agence des droits fondamentaux de l’Union Européenne.
Le début du mois du Ramadan est l’occasion de rappeler que les libertés de conscience et de religion constituent des droits fondamentaux du système français, censées garantir une libre pratique confessionnelle au-delà de la seule sphère intime.
Sur le lieu de travail, aucune mesure défavorable ne peut être prise à l’encontre d’un-e salarié-e qui adopte un régime alimentaire particulier, tel qu’un jeûne journalier, même pour raison religieuse. Une demande d’aménagement horaire ne pourra donc être examinée et tranchée qu’au regard de l’organisation de l’activité. Idem pour une demande de congé.
Même si la pause méridienne fait partie intégrante du temps de travail des salarié-es, le-a salarié-e ne peut jamais être contraint-e de s’alimenter, par exemple lors d’un déjeuner de travail ou d’un repas sur un temps éducatif avec des enfants. Et lorsqu’une convention collective prévoit des indemnités de repas, le-a salarié-e qui ne déjeune pas ne peut pas, pour autant, en être privé-e. Seules des raisons d’ordre public, telles que la sécurité, peuvent justifier que le-a salarié-e pratiquant le Ramadan soit temporairement réaffecté-e, par exemple pour prévenir le risque d’accident. In fine, tout autre motif que celui tiré de la bonne marche de l’entreprise constitue une discrimination pouvant être sanctionnée.
